Entretien avec le Président d'un BDE

Publié le par LesTroisSam


Nous avons fait la rencontre d’un étudiant, Président du BDE[1] (Bureaux des étudiants) dans une Ecole de Commerce, qui a accepté de répondre à nos questions.

Selon lui,  entre « soirées afterwork, apéro du soir, soirées durant les week-ends… », les étudiants font preuve d’une importante consommation d’alcool et ce, de manière régulière. « Le comportement des jeunes vis à vis de l'alcool est presque une coutume. A chaque soirée, l'objectif est de boire de façon importante pour finir bourré ».

« Il y a environ : une soirée organisée toutes les 2 semaines par l'école, un apéro tous les mardis et jeudis soir, le gala de l'école et les soirées de remise des diplômes, auxquels s’ajoutent les vacances scolaires et les week-ends férié… Sans oublier les soirées régulières qui ne sont pas organisées par l'école, ayant lieu tous les jeudis et vendredis »

Devant cette réponse nous nous interrogeons sur les moyens économiques dont disposent les organisateurs de ces soirées : « Les moyens financiers dépendent du budget que l'école accorde et des sponsors. Ceci dit l'alcool représente une grande partie de la  recette du BDE lors de l'organisation d'une soirée  (50% des recettes viennent de l'alcool, 50% des places vendues) »

            Nous lui demandons si, selon lui, un constat positif dans le comportement des jeunes serait à imputer aux campagnes de prévention ? « Aucun impact je pense. De mon expérience personnelle, les seuls éléments qui viennent à raisonner un jeune sur ce point sont les traumatismes personnels liés à l’alcool ». Il ajoute : « Le but essentiel est de s'amuser pour créer une atmosphère  d'euphorie générale. Dans l'ensemble la consommation régulière d'alcool comme moteur des soirées est une dérive. Dans le cas particulier, certains dépassent les limites et dépasse le simple statut de buveur "occasionnel". Ceci entraînant des coma et des comportements déplorables ».

            Nous apprenons au cours de cet entretien que l’Ecole dont il est ici question n’organise aucune intervention préventive sur les conduites addictives.

            Son opinion personnelle est dès lors sans équivoque : « Non, les jeunes n'ont absolument pas conscience du risque que cela entraîne. Plus qu'un danger physique c'est un réel problème de socialisation que l'alcool détruit. Les soirées "alcools" deviennent le véritable lien social de la jeunesse des écoles de commerces. Les points mis en avant pour justifier leur conduite sont les mêmes que pour le cannabis "juste de temps en temps/ pas de dépendance/ pour s'amuser ».



[1] Le BDE est chargé d’organiser la vie des étudiants (principalement la partie « festive ») en dehors de l’Ecole

Publicité

Publié dans Nos entretiens

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article